Edito

Aristote l’a démontré : “On ne peut découvrir ou mieux redécouvrir que si d’une certaine manière, on a déjà trouvé”. Platon l’a exprimé ainsi : “se réaliser, c’est pour l’essentiel devenir ce que l’on est depuis toujours”. La prudence des philosophes reste grande. Comme si, tout n’était pas palpable, comme s’il restait un champ improbable, indécis, inconnu… “L’homme le savait déjà”, “devenir ce que l’on est” ces mots introduisent un nouveau champ : le temps. C’était là, on ne le savait pas. Il y a eu une étincelle et puis une reconnaissance.

L’intuition, nous ne l’avons qu’à un moment précis, dans un temps saisi. Il faut une conjugaison spatiale entre l’instant fugace et notre sensibilité. L’esprit a saisi l’étincelle dans un temps paradoxal qui n’a rien à voir avec celui des horloges.

Le temps est important dans notre vision des objets ou des choses car notre perception en est toute intérieure contrairement à l’espace qui, lui, nous entoure. Pour Gaston Bachelard, la durée n’est faite que d’une suite d’instants. Il dit : “La durée n’est qu’un nombre dont l’unité est l’instant”. Il parle de l’intuition de l’instant, de la succession d’instants de lumière, de l’intuition naïve et de la signification lucide.

Edito d’Aux Arts N° 141 d’octobre 2010