Edito

Cette phrase inaugurale justement célèbre marque d’un signe sacré notre séparation d’avec le registre animal… C’est le moment où l’Homme sort définitivement de l’ombre des temps pour agir de conserve, communiquer, peindre, danser, sculpter, fabriquer des armes, des outils et des légendes, interroger le Monde et chercher à comprendre ce qu’il fait là face à cette mort certaine qu’il enrobe de rites funéraires et de formes d’Art.

La parole, ensuite complétée par l’écriture, a façonné notre mémoire et permis d’accumuler et de transmettre le savoir, d’accoucher des sciences, d’édicter des lois pour que la paix règne dans les communautés concernées. De là procèdent la morale et la philosophie que l’on espère encore aujourd’hui comme des remparts suffisamment solides pour nous protéger de la banalisation des crimes. “Tu aimeras ton prochain comme toi-même…”. Cet appel indiscutable à nos facultés de compassion relève pour presque tous de l’évidence autant que du bon sens. Il nous aura fallu la Shoah pour que nous légiférions enfin sur la notion de “crime contre l’humanité“ dont le dernier décoré en date est le dénommé Omar El Béchir, président débonnaire du Soudan…

“Dieu est amour…” certes, mais le plus souvent à coups de cannes et de madrassa et maintenant à coup de décisions et de paroles pour le moins malencontreuses tombant du Vatican. Le négationniste Williamson, les tenants du “peuple déïcide” ayant aidé dans leurs fuites les collaborateurs et les Nazis, l’annonce de l’excommunication de la mère d’une enfant violée par son beau-père, tout cela trouve grâce aux yeux du Pape actuel mettant ainsi en lumière les aspects les plus réactionnaires du dogme catholique. Gageons que les 22 millions de morts en sursis du Continent Africain atteints du virus du sida sauront trouver les moyens de lui faire entendre raison tant il est vrai que le salut par la prière ne marche pas pour le virus. Seule la mort y trouve son compte…

Edito d’Henry Casler. N° 125. Avril 2009