les ombres portées au théâtre
Caen - Une création qui voit le jour est toujours un moment émouvant et sensible. Pour « les ombres portées » ce moment l'est tout particulièrement car l’homme qui en a donné l’impulsion nous a quitté il y a un peu plus d’un an, sans achever ce projet. Cet homme c’était Tristan Jeanne-Valès, un immense photographe, longtemps associé à la Comédie de Caen.
Laissons-lui la parole en guise d’introduction :
« J’ai photographié la musique : les gueules, les doigts serrés sur l’instrument, les mains qui claquent, la salive et le bois noir de la flûte, la peau animale des percussions, j’ai vu la plainte et le chant profond, la fierté brutale d’être là, la sueur de celui qui joue pour la nuit, pour moi, pour lui. J’ai photographié la danse: j’ai vu la sensualité, pas ou peu de paroles, les corps se frôlent, se toisent, se touchent, lumière et pénombre, la peau. J’ai photographié des écrivains, des peintres, des cinéastes, j’ai vu et j’ai pris leur regard, leur talent, leur folie....











