mardi 28 septembre 2021

Le bonheur est à Chauffer dans la noirceur

Une grande parenthèse de bonheur…
Le bonheur au festival « Chauffer dans la noirceur » commence dès l’arrivée : à Montmartin-sur-mer, suivez le panneau « La plage » et au détour d’un virage voici les champs vert tendre avant la bande dunaire séparant la plage de sable et la mer…Le point de vue est magnifique ! Second choc, des chapiteaux, une scène, des tentes et des véhicules constituent un campement éphémère. Voici 29 ans une joyeuse bande obtenait l’autorisation d’ériger ici cet incroyable village. Impensable aujourd’hui ! Mais les générations qui ont tenu la barre de l’évènement ont su y faire : après chaque édition le site est rendu nickel et la nature reprend ses droits…
Le cru Chauffer 2021 
Après l’annulation du festival en 2020 l’équipe a mis les bouchées doubles pour proposer sur 3 jours en 2021 un évènement à la hauteur tout en gérant les difficultés de jauges, de consignes sanitaires… Sur un site agrandit, en configuration modifiée et malgré une voilure réduite pour les concerts (avec 30 concerts de moins qu’en période « normale ») la qualité et l’esprit Chauffer sont bel et bien là !
Vendredi, jour 1
Parmi les nouveautés la présence de gradins pour la scène Arène ! Là où jouent les normands de Nobody’s Cult, groupe de l’écurie Tour 2 Chauffe, le label « maison », agence de booking d’artistes atypiques et brûlants made in Normandy (Trotski Nautique/Audiofilm/Strange o’clock/Pan D/The Eye of Time…).
Notez que le festival propose toujours des « art’nimations » : parmi celles-ci on retient les Nomad Men et leur drôle de machine en déambulation musicale :
Nomad Men : les deux fondateurs de la troupe se déplacent en corbillard, réaménagé sur mesure : c’est la « loge funèbre » où ils dorment et qui surtout tracte une caravane steampunk conçue pour abriter une folle machine ; la Batt-mobile ! Un curieux attelage de 350 kilos fait de pelle, d’un crâne, de boulons, chaînes, pièces de machines agricoles, autres ressorts, bidons et ombrelles pour la terrasse arrière. Ce tricycle équipé de fûts, cymbales, toms et klaxon est conçu pour deux humains : Alexis et Quentin qui pédalent pour mettre l’engin en mouvement et en sons… Et en avant la musique, attachez vos ceintures ! Car pour rameuter la foule l’un pilote et l’autre tape, joue. Puis tous se livrent à une battle de sons, et ô surprise : l’engin devenu manège tourne dans les airs ! Le sièges se cabrent, la foule rigole, les batteurs s’envolent ! Bluffant !! Le duo percutant a chamboulé le public pendant deux jours et petite info : ils reviendront l’année prochaine avec une machine encore plus folle…
Plus sur les Nomad Men : suivez le lien
Nobody’s Cult : un pur concentré d’énergie rock ! Portés par la chanteuse à la harpe électrique Lena Woods, les 3 musiciens s’envolent sur des titres forts. On pense aux Pretenders, on repère des sons un brin hendrixiens, ça lorgne vers le punk, c’est un combo de pop électrique parfait. Une bonne entrée en matière…Un disque vient de sortir : Mood Disorders. Plus sur Nobody’s Cult : suivez le lien
Tandis que sur la scène Mer enchaînent les Lofofora, sur terre ça pogote sévère…Un, deux concerts plus tard pour Potochkine et Magenta, voici Mezerg avec un set puissant. Le one man band au piano-thérémine livre un set hypnotique. Dans le public, des cris, des vagues, une houle de bonheur passe sur tous les visages fendus de sourires. Une onde de joie ressentie partout. Une transe qui s’empare des nombreux festivaliers heureux de retrouver Chauffer ; car ici le public est fidèle… Plus sur Mezerg : c’est par ici !
Un samedi chaud, jour 2
30 degrés sur terre : en fin de journée, musique avec les Marie-Jeanne : 15 femmes en costumes bigarrés chantent un répertoire de chansons polyphoniques du monde entier ! Pendant leur concert évoluent deux mouettes géantes, les marionnettes du collectif Faire Ailleurs. Et voici les danseurs du conservatoire de Sarcelles qui rejoignent le chœur pour la séance d’échauffement…Un ravissement.
Place à la Daara J Family : un concert qui chauffe la foule encore un peu clairsemée en cette fin d’après-midi…pourtant ce soir c’est complet pour entendre et voir Téléraptor puis Reta et enfin les très attendues Vulves Assassines. Là encore, comme pour Mezerg, soit on adore ou… pas !
Les Vulves Assassines : au départ, deux amies de 10 ans, fidèles festivalières de Chauffer. La musique et les mots les travaillent… Elles cisaillent des textes tranchants et taillant dans le lard. Punk, féministes dit-on, oui tout ça, tout ça… Rejointes depuis peu par Samia, guitariste qui a baigné dans le rock depuis l’âge de ses 13 ans, Les Vulves Assassines sont nées. Et attention, ça envoie du lourd ! Elles explosent tout les filles. Côté scénographie ça claque : la déesse guitare surplombe son monde tandis qu’aux machines et micros le duo balance le flow. Les riffs venus d’en haut font monter la sauce et donnent le jus vital. Rock, oui, punk, pas qu’un peu, hip hop groovy aussi et touche teck : boum boum ! Bombe scénique le show punchy s’appuie sur une mise en scène léchée servie par la présence des Vulvons : deux et parfois même trois messieurs au service de ces drôles de dames. L’éclairagiste de Chauffer ne s’y est pas trompé et il a sublimé le concert. Pour bien saisir les textes en fosse il fallait tendre un peu l’oreille mais depuis la plateforme attenante à la régie c’était parfait. « Chômeur, branleur » ; « écolo de droite », « j’aime bien la bite, oui, mais pas la tienne ! » « La retraite à 60 ans » ; les titres s’enchaînent, militants sur le fond, brûlants dans la forme. Mais les chattes s’en branlent, elles s’éclatent ! Trop Provoc ? Trop cru ? Que nenni ! Même si pour certains la sauce n’a pas pris. Un conseil : c’est à déguster en live absolument !
Balafre puis Fakear, que l’on ne présente plus, concluent ce samedi soir sous les étoiles…
Dimanche, dernier jour déjà…
Strange o’clock, du bon label Tour 2 Chauffe entre en scène. L’african blues normand fonctionne et l’accord est parfait à l’heure de l’apéro. On en redemande… MB14, très attendu n’a pas déçu, mais c’est assurément Asaf Avidan que le public attend.

Sa voix unique, son folk élégant emporte bien des festivaliers. La nuit venue Irène Dresel embrase l’Arène. Puis Laake, pour le final, grandiose ! Au piano, de dos, il se fait chef d’orchestre, pour donner le tempo aux cordes, violoncelles et violons et aux quatre cuivres qui l’accompagnent. Une symphonie électro baroque monte en puissance et emporte la foule qui danse !
Malgré l’intense rappel c’est la fin…déjà.

« Chauffer » dans l’envers du décor c’est une équipe de 26 techniciens et prestataires et plus de 350 bénévoles, des tribus d’afficionados et d’acharnées avec une mention spéciale pour celle des « Tritou «  celles et ceux qui trient les quelques 25 tonnes de déchets collectés…Chauffer est bel et bien un festival éco-citoyen !
Chauffer 2021 c’était 6669 ardents festivaliers de toutes générations et pas un seul « relou » ; 24 concerts, 11 animations folles sans oublier 17 associations engagées présentes sur le site !
On a mangé : 1 tonne de frites et 2021 saucisses, Chauffer c’est – notons le car c’est fort rare, un catering de luxe et une équipe au top du top : la Fucking Fire Brigade CDLN, qu’on se le dise !
Chauffer 2021 c’était bien, et nous à Aux Arts on a bien dansé, écouté, un peu travaillé aussi. Et on espère par ce papier vous avoir fait un peu partager la joie de ces retrouvailles en attendant l’année prochaine : pour fêter les 30 ans du festival en 2022.
Tour2Chauffe : le bon label normand, agence de booking : suivez le lien
Merci à Françoise « Snark » pour les images…